Entreprise

Digitalisation des entreprises : quel impact sur la santé ?

Par Benjamin Chabert , le 16 décembre 2021 , mis à jour le 16 décembre 2021 - 7 minutes de lecture
Digitalisation des entreprises

L’impact du digital sur la croissance des entreprises est bien connu, qu’en est-il sur la santé ? L’humain est en première ligne face à la digitalisation, il est à la fois celui qui en profite et celui qui en paye le prix. L’année 2020 a été un tournant pour la transformation numérique mais nous pouvons légitimement nous demander dans quel sens va aller la tendance.

La digitalisation des entreprises en chiffres

La digitalisation des entreprises concerne tous les secteurs. Peu d’entreprise peuvent se permettre de se passer de la manne numérique aujourd’hui. Le digital est à la fois une opportunité pour augmenter son chiffre d’affaire mais aussi un gros investissement.

Selon l’étude réalisée par OpinionWay, les outils numériques ont impacté les PME sur différents aspects :

  • la communication et la publicité à hauteur de 41 %,
  • l’organisation et le suivi de l’activité de la société à hauteur de 35 %,
  • la gestion des données commerciales et comptables à hauteur de 33 %
  • la rémunération des employés et des fournisseurs à hauteur 22 %

Cette étude porte sur plusieurs secteurs d’activité tels que le commerce, la restauration, l’industrie, le BTP, etc.

La dépendance face au numérique

Selon cette même étude, 71 % des entreprises confient ne plus pouvoir se passer des outils numériques pour mener leur activité. Ce pourcentage augmente dans le secteur de la comptabilité.

Les entreprises sont aujourd’hui dépendantes de leur site web pour promouvoir leurs produits ou services. La prospection se fait aussi par des canaux digitaux.

Les logiciels métiers s’adaptent à chaque secteur et permettent une meilleure circulation de l’information, une meilleure gestion des stocks et du suivi client.

travail sur ordinateur

Le digital : un levier d’amélioration des conditions de travail

On note aussi les impacts positifs du digital sur :

  • la performance,
  • la productivité,
  • l’engagement des équipes, des collaborateurs.

Ces outils numériques permettent de gagner du temps et d’automatiser les tâches. Cependant les besoins en formation sont plus importants et certains outils deviennent rapidement obsolètes. Les entreprises doivent alors s’adapter constamment aux nouveaux enjeux du marché.

Un équipement digital obsolète aura tendance à favoriser le désengagement et le stress au travail. Pour l’entreprise cela se traduira par un manque certain d’efficacité opérationnelle.

La digitalisation et la transformation profonde de la collaboration

Depuis la crise sanitaire, le télétravail a connu une forte croissance. Le management à distance est devenu inévitable.

Afin de garantir le bon fonctionnement de l’entreprise, une charte de travail doit être mise en place. Les heures de connexion, les temps de pause, les outils utilisés doivent être précisés et un préavis est nécessaire pour toute absence ou congés. Des outils de gestion de projet existent et permettent aussi de mieux visualiser les priorités et les urgences.

Des outils de communication comme Slack sont nécessaires pour entretenir le lien entre les équipes. Mais dans les faits, la partie communication est réduite et les collaborateurs sont concentrés sur leur tâche de travail. La productivité des entreprises a ainsi fortement augmenté avec le télétravail.

Sur le long terme, le sentiment d’appartenance peut s’émousser et engendrer des comportements plus individualistes. Il est cependant possible de faire un team building à distance.

La face cachée de la digitalisation du travail : isolement social et dépression

La digitalisation des entreprises a été accélérée avec la crise sanitaire et a entraîné la digitalisation du travail. Les télétravailleurs sont-ils les nouveaux travailleurs isolés ? À la différence qu’un travailleur isolé bénéficie d’un DATI (dispositif d’alarme pour travailleur isolé) qui permet d’alerter les secours en cas de problème.

Avec le manque d’interaction et même de stimulation, une fatigue émotionnelle peut s’installer. Les premiers symptômes de burn out sont les suivants : irritabilité, démotivation, anxiété, troubles du sommeil… De plus, l’équilibre entre la vie personnelle et professionnelle est modifié.

Digitalisation et sédentarité : les troubles posturaux et les TMS

L’utilisation massive d’outils numériques engendre une forte sédentarité. Même s’il existe des outils adaptés et ergonomiques, le manque d’activité lié à la sédentarité au travail à des répercussions sur la santé.

L’équilibre entre la performance et la santé mentale et physique est fragile. Dans leur processus de digitalisation, les entreprises doivent prendre en compte le bien-être des travailleurs. L’équipement, les outils et les moyens humains doivent être adaptés afin de faire une vraie transformation numérique.

E-learning : vers une transformation durable de l’apprentissage

Plus de flexibilité, de supports d’apprentissage, plus de formations… L’e-learning a le vent en poupe et est particulièrement adapté à la formation en entreprise. Les cours sont plus concis et peuvent être suivis partout et n’importe quand.

La formation en ligne facilite également les reconversions professionnelles. Il est tout à fait possible de conjuguer une activité professionnelle avec une formation. Cela permet non seulement d’évoluer dans sa carrière mais aussi de changer de métier.

Le suivi des parcours d’apprentissage est plus précis avec la data. Ce suivi se concentre en revanche davantage sur la progression que sur les réelles difficultés de l’e-learner. Pour les tâches complexes comme la rédaction, un correcteur humain est encore nécessaire.

De nouveaux formats d’apprentissage voient le jour. Le micro-learning favorise une information brève et impactante, l’apprentissage se segmente. Point positif, l’apprentissage est accessible mais d’un autre côté la complexité de certains sujets échappe à cette méthode.

Digitalisation et manque d’interaction

Les métiers ont évolué, la façon de collaborer aussi. En passant par des outils numériques, la qualité et la quantité des interactions changent.

travail digital

Face à un logiciel ou une application, la rétroaction est de même limitée. L’apprenant ou l’utilisateur peut avoir du mal à adresser une question et il n’y a pas toujours d’intervenant réel en ligne.

Bien que rare, l’illectronisme existe et met à la marge de la société les personnes ayant des difficultés à utiliser des appareils numériques. De fait, c’est la génération Z qui est particulièrement adaptée aux nouveaux outils et qui a intégré la digitalisation des entreprises. Cette fracture numérique est donc avant tout générationnelle.

Le travail hybride est-il la solution ?

Le travail hybride se rapproche du flex office, les journées en présentiel au bureau alternent avec le télétravail. Selon une étude menée par l’observatoire Cételem, 78 % des français plébiscitent le modèle hybride.

Cela permettrait de maintenir un lien humain et de lutter contre l’isolement des télétravailleurs. La séparation entre la sphère privée et professionnelle est plus facile à conserver en alternant le travail en distanciel et en présentiel.

Le travail hybride implique aussi pour l’entreprise de changer l’espace physique de travail. Le travail en présentiel doit être synonyme de convivialité et il y a une vraie réflexion à mener sur l’agencement des bureaux.

À retenir :

Une vraie transition numérique doit prendre en compte le bien-être des travailleurs. Si les entreprises se digitalisent, l’environnement de travail doit aussi évoluer. Cette digitalisation ne doit pas se faire au détriment du bien-être au travail.

Le travail hybride, les outils favorisant l’interaction, et un équipement adapté (souris et fauteuil ergonomiques) sont autant de pistes et de solutions.

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Benjamin Chabert

Benjamin est chef d'entreprise et anciennement kinésithérapeute. Il a à cœur de proposer les meilleures solutions aux entreprises pour concilier performance et bien-être au travail.